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Un livre sur la prière par le métropolite Hilarion (Alfeyev)

Le métropolite Hilarion (Alfeyev) vient de faire paraître aux éditions Salvator, dans la collection « Voix de l’Orthodoxie », un court livre d’initiation à la prière, intitulé La prière, une rencontre avec Dieu tiré des émissions qu’il animait à la télévision russe dans les années 1990. Cet ouvrage propose un exposé simple mais riche sur ce qu’est la prière dans la tradition orthodoxe, appuyé sur les écrits des pères ascétiques. Il sera particulièrement profitable aux catéchumènes et aux familles. Nous en proposons ici le deuxième chapitre, intitulé « La prière comme dialogue ».

La prière est un dialogue entre notre parole adressée à Dieu et sa réponse. Comme dans tout échange véritable, il ne suffi t pas de parler, de se décharger, il faut apprendre à écouter. Cette réponse ne vient pas toujours au moment même de la prière. Il arrive que nous demandions une aide urgente à Dieu et qu’elle ne se manifeste que plus tard. Nous comprenons alors que cette aide est venue précisément parce que nous l’avions demandée dans la prière. Par la prière, nous pouvons beaucoup apprendre de Dieu, à condition d’être prêts à le laisser se révéler à nous tel qu’il est et non tel que nous l’imaginons. Nous commettons souvent l’erreur de nous approcher de Dieu avec nos propres représentations : nous fabriquons une idole et c’est à elle que nous parlons. Cette image morte, fruit de l’imagination humaine, devient un obstacle entre nous et le Dieu vivant. « Fais-toi une fausse image de Dieu et essaie de prier ce Dieu-là. Crée-toi l’image d’un Dieu impitoyable et juge sévère ; et essaie donc de l’invoquer avec confiance et amour », fait remarquer le métropolite Antoine de Souroge. Nous sommes donc appelés, en entrant dans la prière, à nous détacher de nos projections humaines pour accueillir Dieu tel qu’il veut se révéler à nous. La prière ne reste jamais sans réponse, mais elle peut prendre bien des formes. Si nous ne l’entendons pas, c’est qu’il y a quelque chose de dissonant en nous : nous ne sommes pas encore accordés à sa présence. Pour accorder un piano, on utilise un instrument appelé « diapason ». Les cordes du piano doivent être tendues de telle sorte que le son qu’elles émettent corresponde exactement à celui du diapason. Tant que la corde du la n’est pas bien tendue, le diapason reste muet. Mais dès que la corde atteint la juste tension, ce petit objet métallique inerte se met soudain à vibrer. Ainsi en est-il de nous dans la prière. Toute notre vie, toutes les cordes de notre âme doivent peu à peu s’accorder à Dieu. Quand nous apprendrons à suivre ses commandements, quand l’Évangile deviendra pour nous loi morale et spirituelle, alors notre âme commencera à vibrer de la présence de Dieu, comme le diapason répond à la corde parfaitement accordée.

Mgr Hilarion Alfeyev, La prière, une rencontre avec Dieu, mai 2026, Salvator, coll. « Voix de l’Orthodoxie », 14,90€.

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