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La Grande Semaine : Dieu fait des choses particulièrement glorieuses

Après le dimanche des Rameaux, nous accompagnons Jésus dans le mystère de Sa Passion et le mystère de notre salut. Jésus est entré dans Jérusalem, la tueuse de prophètes, avec humilité, pour aller vers une Passion qu’Il a voulue, pour nous faire connaître, par Sa mort, l’amour de Dieu. Nous entendons le cri des enfants : « Béni est celui qui vient au nom du Seigneur ! » (Jn 12, 13), et nous répétons qu’est béni le Christ qui entre, non seulement dans la ville, mais dans nos cœurs, pour y raviver la vie.

Puis viennent les trois soirées lumineuses, celles dites de l’Époux, où le Seigneur nous invite à veiller ensemble et éviter le sommeil du péché. L’icône de l’Époux le montre debout dans le tombeau, pour signifier qu’Il convie notre âme à être Son épouse dans Sa mort, qui est le sommet de l’amour : « Il n’y a de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime » (Jn 15, 13). Nous écoutons, durant ces offices, les paroles dites par Jésus après Son entrée à Jérusalem.

Le Seigneur dit, durant le premier office de l’Époux : « Voici, nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes » (Mc 10, 33). Et l’Église de dire : « Allons donc, frères, L’accompagner avec une conscience purifiée ». Puis vient l’enseignement de l’humilité, tel qu’il est écrit dans l’Évangile de Marc : « Quiconque veut être le premier parmi vous, qu’il soit l’esclave de tous » (Mc 10, 44).

Durant les trois premiers jours de la Grande Semaine, les offices du matin, suivis par la liturgie des Présanctifiés, nous font entendre des lectures de l’Ancien Testament, en particulier le récit du bienheureux Job, homme de douleurs, qui est une préfiguration du Christ. Puis le soir, durant ces trois jours, nous répétons le chant de l’Époux qui nous fait prendre conscience que nous allons avec le Seigneur à Ses noces, pour y partager Sa Passion. Et le soir du troisième jour, nous faisons mémoire de la femme pécheresse, nous ressentant, comme elle, tombés et voulant nous relever.

Le soir du Mercredi saint, nous célébrons l’office des saintes huiles, — un des sacrements —, normalement célébré sur le malade dans sa maison, mais dont la pratique individuelle est tombée en désuétude chez nous. Alors nous le célébrons pour la communauté, dont les membres sont tous malades, de corps et d’esprit.

Un autre point culminant de cette Grande Semaine est atteint lors de la liturgie du Jeudi Saint qui commémore la sainte Cène, dans les récits de la Passion que nous entendons le soir, dans des extraits des quatre évangiles. Malgré les diverses interprétations et les redites, l’Église a voulu que nous méditions la Passion, telle qu’elle s’est réellement déroulée. Le point culminant de ces lectures se trouve dans la première des péricopes évangéliques lues. Elle est de Jean, et mentionne abondamment la relation qui unit le Père, le Fils et le Saint Esprit. C’est en fait le discours d’Adieu que Jésus prononça devant Ses disciples, avant d’aller au Jardin des Oliviers.

Mais l’office qui commémore le plus la Passion est l’office des Heures Royales qui est célébré le matin du Vendredi Saint. Les psaumes et les prophéties relatifs à l’histoire du salut y sont lus ainsi que des récits évangéliques qui répètent ceux entendus le jour précédent. À la fin des Vêpres, une procession de l’epitaphion, qui consiste en une icône en tissu du Christ reposant sur Sa tombe, se déroule dans l’église. Puis on place cette icône au milieu de l’église, dans l’attente de l’office des funérailles du Christ, le Vendredi Saint. Cet office qui est en fait les matines du Samedi Saint, comporte trois séries de chants qui s’adressent au Christ enseveli dans l’attente de Sa Résurrection. L’attente de la Résurrection donne à cet office un aspect joyeux, malgré la commémoration de la mort du Seigneur.

Puis vient le Samedi de la Lumière, qui se célébrait autrefois le soir du Samedi, et comportait le baptême des catéchumènes, qui étaient accueillis dans l’Église, après avoir été baptisés, par l’hymne qui répète les paroles de saint Paul : « Vous tous, qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ » (Galates 3, 27). Après lecture de quelques textes prophétiques relatifs au baptême et à la Résurrection, vient l’Épître qui nous dit : « Ignorez-vous que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, c’est en sa mort que nous avons été baptisés ? Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous aussi nous marchions en nouveauté de vie » (Romains 6, 3-4). C’est une invite, pour que tous ceux qui sont présents réalisent qu’en revêtant le Christ, ils accèdent à la vie nouvelle. L’Évangile lu après cette Épître est de Matthieu et parle de la Résurrection du Christ. Cette liturgie du Samedi est en fait la première sainte Liturgie de la fête, car autrefois elle se terminait à l’aube du dimanche, et était suivie de la liturgie pascale. Durant le Carême, nous nous étions préparés à la Résurrection, dans la repentance, le jeûne et l’ascèse. Nous attendions de mériter la vision du Christ, victorieux de nos péchés et nous donnant la vie éternelle.

Métropolite Georges Khodr

Mgr Georges Khodr, né en 1923, évêque émérite du Mont-Liban, est une voix majeure du christianisme au Moyen-Orient. Théologien renommé, engagé dans la vie de son pays, il fut l’un des fondateurs du Mouvement de Jeunesse Orthodoxe (MJO) au Liban.

Texte extrait de : Métropolite Georges Khodr, En chemin vers la lumière, Ed. Apostolia 2026.

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